Brésil : la douceur sombre de Bahia
Le secret le mieux gardé des assembleurs. Quand on pense au Brésil, on pense café, cachaça ou football, rarement cigare. Pourtant, le tabac brésilien est partout : dans la sous-cape de cigares roulés au Nicaragua, dans la cape de certains maduros, et dans une poignée de puros entièrement bahianais. Si tu aimes les cigares sombres, doux et épicés, voilà un terroir à connaître.

Un peu d’histoire
Les colons portugais cultivent le tabac à Bahia dès le XVIe siècle, dans le Recôncavo, la région fertile qui entoure la baie de Tous-les-Saints. Le tabac bahianais devient vite une marchandise précieuse. Il sert même de monnaie d’échange dans la traite négrière avec l’Afrique de l’Ouest, une page sombre de son histoire.
Au XIXe siècle, des immigrants allemands donnent au Recôncavo sa vocation cigarière. En 1873, Geraldo Dannemann, venu de Brême, ouvre une manufacture à São Félix, sur les rives du Paraguaçu. D’autres maisons suivent et, pendant des décennies, le tabac de Bahia nourrit l’industrie européenne du cigare.
Centro Cultural Dannemann, São Félix, Bahia (Tatiana Azeviche / Turismo Bahia, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0)São Félix : la manufacture Dannemann
L’ancienne manufacture Dannemann abrite aujourd’hui un centre culturel, où des rouleuses perpétuent le roulage à la main. Tout près, à São Gonçalo dos Campos, la maison Menendez Amerino roule depuis 1977 des puros 100 % brésiliens, comme le robusto Alonso Menendez.
Un terroir chaud et humide
Le Recôncavo baiano bénéficie d’un climat tropical chaud et humide, et de sols argileux, riches et profonds. Le tabac y pousse en plein soleil, ce qui donne des feuilles épaisses, sombres et chargées en sucres naturels.
Deux noms reviennent sans cesse chez les assembleurs : le Mata Fina, cultivé autour de Cruz das Almas, sombre et doux, utilisé en cape comme en sous-cape ; et l’Arapiraca, du nom d’une ville de l’État voisin d’Alagoas, qui donne des capes maduro très foncées.
Le Mata Fina : la sous-cape des connaisseurs
Beaucoup d’amateurs fument du tabac brésilien sans le savoir. Chez Drew Estate, les Liga Privada roulés au Nicaragua, comme la No. 9 ou le T52, s’appuient sur une sous-cape Mata Fina pour apporter rondeur et sucrosité à leur assemblage.
Plantation de tabac, Funil, São Paulo (Guilherme Gaensly, Museu Paulista, domaine public)Quelles différences lors de la dégustation ?
Le tabac brésilien se reconnaît à sa sucrosité naturelle : cacao, café, miel, parfois une pointe de fruits secs, soutenus par des épices douces et un fond terreux. Il apporte du corps sans agressivité, et c’est ce qui le rend si précieux dans un assemblage.
Associations possibles
- une cachaça vieillie en fût, pour rester à Bahia,
- un café brésilien, doux et chocolaté,
- un rhum ambré.
Conclusion
Discret mais incontournable, le Brésil est le terroir de la douceur sombre. Qu’il soit fumé en puro ou glissé dans un assemblage, son tabac apporte une richesse chocolatée qui ne ressemble à aucune autre.
Cachoeira vue depuis São Félix, Bahia (Paul R. Burley / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0)Nos cigares au tabac brésilien
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Alonso Menendez Robusto
3
12.8
48
-
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Balmoral Anejo XO Gran Toro
1
15.2
52
-
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CAO Amazon Basin Toro
3
15.2
52
-
CAO BX3
5
12.7
52
-
-
-
-
-
Liga Privada No. 9 Toro
4
12.7
54
-
Liga Privada T52 Coronets
5
10.1
32
-
Liga Privada Unico Feral Pig
4
13.6
60
-
Macanudo Inspirado Green Robusto
3
12.7
52
-
Papas Bravas Robusto
3
12.7
54
-
Patoro Brasil Belicoso
4
15.2
50
-
Patoro Brasil Gordito
5
10.2
58
-
-
Undercrown Maduro Flying Pig
5
10.1
60
-
Undercrown Shaddy XX
3
12.7
