Meerapfel La Estancia Édition Exclusiva 50
La Estancia Édition Exclusiva est avant tout une histoire de famille. Jeremiah Meerapfel y rend hommage à son grand-père Heller, l’un des grands négociants de tabac cubain de l’après-révolution, et tente de faire revivre un profil aromatique disparu du marché en 1991, une signature crémeuse façon cappuccino restée gravée dans sa mémoire d’enfant. Le défi : la reconstruire avec des tabacs qui, eux, avaient cessé d’exister dès 1992. Fabriqué au Honduras à partir du stock de tabacs de la famille Meerapfel, ce cigare vieillit ensuite en Belgique, en armoire de cèdre, selon la tradition cubaine.
Carte de dégustation
Dès l’allumage, le cigare s’ouvre sur une pointe de poivre qui s’efface rapidement au profit du bois. Le premier tiers glisse ensuite vers une touche florale, avant de se refermer sur une finale douce et nougatée.
Ce robusto tient la promesse annoncée par la maison : une fumée généreuse et dense du début à la fin, construite sur un jeu de contrastes entre douceur et bois. On y retrouve la signature crémeuse et douce évoquée par Meerapfel, relevée d’une pointe d’amertume façon peau de noisette et de quelques éclats de poivre noir qui reviennent ponctuer la dégustation.
Sur la seconde du cigare moitié, ce dernier introduit un léger contraste : le poivre revient ça et là pour discrètement casser la douceur, tandis que le corps se réchauffe sans jamais devenir agressif. La fumée, elle, reste dense et généreuse tout du long.
Accord
Avec son profil crème / nougat et sa pointe de noisette, ce cigare appelle naturellement un café serré ou un cappuccino, un joli clin d’œil à l’inspiration du blend. À essayer aussi avec un rhum ambré ou une liqueur de noisette, pour prolonger la même signature.
L’anecdote cigaresque
« Those who know, know. » selon Jeremiah Meerapfel, à propos du tabac disparu en 1991 qui a inspiré La Estancia Édition Exclusiva.
À propos de Meerapfel
La famille Meerapfel travaille le tabac depuis le début du 17e siècle, d’abord comme planteurs en Allemagne avant de s’installer en 1876 à Untergrombach pour y rouler ses cigares à la main jusqu’à ce que la Seconde Guerre mondiale emporte l’atelier.
La maison se reconstruit ailleurs, et démarre une nouvelle profession : celle de négociant. Les Meerapfel deviennent les spécialistes de la cape du Cameroun, une feuille rare et difficile, que Richard Meerapfel sauve de la disparition au début des années 1990 quand le monopole français du tabac se retire du pays. Pendant des décennies, ce sont eux qui fournissent les plus grandes marques sans jamais signer un cigare.
Richard s’éteint en 2003. Son fils Jeremiah mettra près de vingt ans à donner corps à l’idée née à ce moment-là : faire enfin les cigares de la famille plutôt que d’en vendre les feuilles. La marque Meerapfel voit le jour en 2022, avec une première ligne portant le prénom de son père « Richard ». Les bagues sont dessinées à la main par une dentellière belge, les séries sont limitées, et les tabacs sortent d’un stock que la famille accumule depuis des générations.