Cuba : la référence de tous les terroirs
Le mythe, et ce qu’il y a derrière. Impossible de parler de terroirs sans parler de Cuba. C’est ici que le cigare premium est né, ici que sont apparus les formats, les méthodes et le vocabulaire que tu retrouves partout ailleurs. Le Nicaragua, la République dominicaine et le Honduras doivent tous quelque chose à l’île. Voyons ce qui fait encore aujourd’hui la singularité du Havane.

Un peu d’histoire
Quand Christophe Colomb accoste à Cuba en 1492, ses marins découvrent des Taínos qui fument des feuilles roulées. Le tabac traverse l’Atlantique, et l’île devient en quelques siècles le premier producteur de cigares au monde.
Le XIXe siècle est l’âge d’or : les grandes maisons naissent les unes après les autres. H. Upmann est fondée en 1844 par Herman Upmann, un banquier allemand installé à La Havane, suivie de Partagás, de Romeo y Julieta et de bien d’autres.
La révolution de 1959 change tout. L’industrie est nationalisée et de nombreuses familles de tabaculteurs et de torcedores quittent l’île. Elles emportent leurs graines et leur savoir-faire au Nicaragua, en République dominicaine ou au Honduras, où elles fondent les grandes manufactures d’aujourd’hui. Côté suisse, Zino Davidoff fait rouler ses cigares à Cuba jusqu’en 1990, avant de s’installer lui aussi en République dominicaine.
Depuis 1994, les cigares cubains sont commercialisés par Habanos S.A., et leur appellation d’origine est protégée.
Un terroir devenu légende
L’essentiel du tabac cubain pousse à l’ouest de l’île, dans la province de Pinar del Río. Les sols y sont sablonneux et limoneux, pauvres en apparence mais parfaitement drainés. Le climat tropical est adouci par les vents de l’Atlantique et du golfe, et la saison sèche, d’octobre à avril, correspond exactement à la saison du tabac.
À cela s’ajoutent des variétés locales, héritières du tabac criollo, et des générations de vegueros qui connaissent chaque parcelle. C’est cette combinaison, plus qu’un secret, qui fait la réputation du Havane.
Mais toutes les régions de l’île ne jouent pas le même rôle.
Viñales, Cuba (Daniel Seßler / Unsplash)Vuelta Abajo : le grand cru
Autour de San Juan y Martínez et de San Luis, la Vuelta Abajo est considérée comme le meilleur terroir à tabac du monde. C’est de là que viennent les feuilles des plus grands Havanes, et c’est là qu’a vécu Alejandro Robaina, le plus célèbre des vegueros, dont la plantation était réputée pour ses capes.
Partido : les capes sous voile
Près de La Havane, la région de Partido est spécialisée dans les capes. Les plants y poussent sous des voiles de coton, le tapado, qui filtrent le soleil et donnent des feuilles fines, souples et régulières. Une cape parfaite est indispensable à des formats exigeants comme les figurados de Cuaba, marque lancée en 1996 pour faire revivre les formes du XIXe siècle.
Carte postale Carlos Jordi, La Havane (domaine public, Wikimedia Commons)
Cienfuegos, Cuba (Tim Stief / Unsplash)Vuelta Arriba : le centre de l’île
Plus à l’est, autour de Remedios, la Vuelta Arriba produit des tabacs plus légers, surtout destinés à la tripe. Moins prestigieuse que la Vuelta Abajo, c’est une région historique qui rappelle que le tabac a été cultivé sur toute l’île.
Craig Manners / Unsplash1200 Petit Upmann avant l’embargo
En février 1962, John F. Kennedy s’apprête à signer l’embargo contre Cuba. La veille, il demande à son attaché de presse de lui trouver 1200 de ses cigares préférés. Une fois le stock en sécurité, le président signe.
L’expression du terroir
Ce qu’on appelle le goût cubain tient souvent en un mot : la terre. Les Havanes ont une signature terreuse et minérale, parfois légèrement salée, qu’on retrouve difficilement ailleurs. Ils vieillissent aussi remarquablement bien, et beaucoup d’amateurs les laissent plusieurs années en cave avant de les fumer.
Si tu apprécies ces caractéristiques, ce terroir te séduira :
- les notes de terre, de cuir, de cacao et de miel,
- les cigares qui évoluent avec le temps en cave,
- une complexité qui se révèle au fil de la dégustation.
Quelles différences lors de la dégustation ?
Un Havane a rarement la puissance brute d’un Nicaragua. Il joue plutôt sur la profondeur et la complexité, avec une attaque souvent boisée ou terreuse, puis des notes de cuir, de cacao, de café et d’épices douces. Jeune, il peut être un peu rugueux ; quelques années de repos l’arrondissent nettement.
Revers de la médaille : la régularité de construction et de tirage peut varier d’une boîte à l’autre, ce qui fait partie du charme pour les uns, et de l’agacement pour les autres.
Associations possibles
Pour accompagner ce type de profil, on te conseillera volontiers :
- un rhum cubain vieilli,
- un café serré, à la cubaine,
- un cognac ou un porto tawny.
L’idée est de choisir des accords qui laissent s’exprimer la complexité du cigare.
Conclusion
Cuba reste la référence à laquelle tous les autres terroirs se comparent. Les sols de Pinar del Río, les capes de Partido, les variétés héritées du criollo et le savoir-faire des vegueros donnent des cigares terreux, complexes et taillés pour la garde. Le connaître, c’est mieux comprendre tout le reste.
Viñales, Cuba (Jennifer Chen / Unsplash)Nos cigares cubains
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Cuaba Exlusivos
3
14.5
-
H. Upmann Connossieur No. 1
3
12.7
48
